La France muscle sa stratégie industrielle autour des semi-conducteurs. Dans le cadre du plan France 2030, un appel à projets doté de 550 millions d’euros vient d’être lancé pour identifier les technologies et les filières les plus stratégiques à l’horizon 2035. Une initiative qui vise directement à renforcer la souveraineté industrielle française et européenne, alors que la demande mondiale de puces électroniques ne cesse de croître.
Un plan doté de 550 millions d’euros
Ce financement s’inscrit dans le cadre du PIIEC AST (Projet Important d’Intérêt Européen Commun sur les Technologies Avancées du Semi-conducteur), un dispositif coordonné avec l’Allemagne et les Pays-Bas. L’enveloppe, pilotée par la Direction générale des Entreprises, doit permettre de sélectionner les projets industriels les plus prometteurs en matière d’électronique avancée. L’ambition affichée est claire : réduire la dépendance de l’industrie française vis-à-vis des fournisseurs extra-européens de puces, un secteur devenu aussi stratégique que l’énergie ou les matières premières critiques.
Objectif 2035 : reconquérir la souveraineté
Au-delà de cet appel à projets, l’État prépare une nouvelle feuille de route baptisée « Semi-conducteurs 2035 », qui doit prendre le relais de la stratégie d’accélération électronique lancée en 2022. Cette nouvelle doctrine s’accompagne d’un volet réglementaire européen, avec une révision annoncée du Chips Act, le règlement qui encadre le soutien public à la filière des semi-conducteurs à l’échelle du continent. L’objectif est double : sécuriser les approvisionnements et stimuler la demande européenne via la commande publique, afin de donner de la visibilité aux industriels qui investissent sur le long terme.
Quelles opportunités pour les entreprises françaises ?
Pour les PME et ETI du secteur électronique, ce plan ouvre plusieurs perspectives concrètes :
- Un accès facilité aux financements publics pour les projets de recherche et développement autour des puces avancées ;
- Un soutien renforcé aux pôles d’innovation, à l’image du site grenoblois de Minatec, qui développe actuellement plusieurs milliers de mètres carrés d’infrastructures supplémentaires en partenariat avec un énergéticien ;
- Des perspectives de sous-traitance et de partenariats industriels avec les grands groupes du secteur, dans un contexte de relocalisation partielle des chaînes de production.
Ce mouvement s’inscrit dans une tendance plus large : selon une étude récente, environ 37 % des entreprises françaises déclarent aujourd’hui s’engager dans une démarche d’innovation technologique, un taux qui grimpe à 54 % dans le secteur de l’information et de la communication. Les semi-conducteurs, brique de base de l’intelligence artificielle, de la 5G ou des objets connectés, constituent un terrain particulièrement propice à cette dynamique.
Un contexte géopolitique tendu
La montée en puissance de l’intelligence artificielle et les tensions commerciales internationales accentuent la pression sur les capacités de production mondiales de puces. Dans ce contexte, disposer d’une filière nationale robuste devient un enjeu de résilience économique autant que de sécurité industrielle, notamment pour les secteurs de la défense, de l’automobile et de la santé, tous fortement consommateurs de composants électroniques. Les entreprises françaises du secteur seront donc particulièrement attentives aux prochaines étapes de cet appel à projets, qui doit permettre de flécher les financements vers les acteurs les plus innovants d’ici la fin de l’année.
Cette dynamique s’ajoute aux efforts déjà engagés dans d’autres filières technologiques du pays, qu’il s’agisse du numérique ou de l’high-tech. Elle illustre aussi les arbitrages économiques que doit opérer l’État pour soutenir la compétitivité des entreprises, un sujet suivi de près dans la rubrique économie et finance. Plus largement, cette stratégie industrielle interroge la capacité des acteurs économiques français à se positionner durablement, un enjeu que l’on retrouve dans de nombreux dossiers liés à l’entreprise et à la société.
Questions fréquentes
Qu’est-ce que le PIIEC AST ?
Il s’agit d’un Projet Important d’Intérêt Européen Commun consacré aux Technologies Avancées du Semi-conducteur, coordonné par la France, l’Allemagne et les Pays-Bas, destiné à soutenir les projets industriels stratégiques dans ce secteur jusqu’en 2035.
Pourquoi les semi-conducteurs sont-ils un enjeu stratégique pour les entreprises françaises ?
Ils sont indispensables à de nombreuses filières industrielles (automobile, défense, santé, numérique) et leur approvisionnement dépend en grande partie d’acteurs extra-européens, d’où la volonté de renforcer une production nationale et européenne plus résiliente.
Quelles entreprises peuvent bénéficier de ce plan de 550 millions d’euros ?
L’appel à projets France 2030 cible en priorité les industriels et laboratoires développant des technologies électroniques avancées, mais il crée aussi des opportunités indirectes pour les PME et ETI positionnées en sous-traitance ou en innovation sur cette chaîne de valeur.
Sources
Cet article a été rédigé avec l’aide d’une intelligence artificielle. Politique éditoriale