Le commerce en ligne français vient de franchir un cap symbolique. Selon le bilan annuel publié par la FEVAD à l’occasion de sa Grande Assemblée du 1er juillet 2026, les Français ont dépensé 196,4 milliards d’euros sur les boutiques en ligne en 2025, en progression de 7 % sur un an. Derrière ce record se cache une transformation plus profonde du secteur, que tout e-commerçant a intérêt à décrypter.
Un marché record, mais des paniers plus légers
Les 196,4 milliards d’euros s’accompagnent d’un autre chiffre spectaculaire : 3,2 milliards de transactions, soit une hausse de 11 %. Autrement dit, les Français achètent en ligne plus souvent… mais dépensent moins à chaque fois. Le panier moyen recule de 3 % pour s’établir à 62 euros, et la moitié des commandes passe désormais sous la barre des 30 euros.
Le pays compte 42,2 millions de cyberacheteurs, soit près de 73 % des plus de 15 ans, avec 600 000 nouveaux acheteurs en un an. Chaque client réalise en moyenne 75 achats annuels, pour 4 657 euros dépensés. La fréquence, plus que le montant, devient le nerf de la guerre.
Les services tirent la croissance, les produits misent sur les marketplaces
La ventilation du chiffre d’affaires est éclairante. Les services (hébergement, transport, loisirs culturels) pèsent 120,3 milliards d’euros, en hausse de 9 %, quand la vente de produits progresse plus modestement (76,1 milliards, +4 %). Pour ces derniers, la concentration s’accentue : les marketplaces captent désormais 32 % des ventes de produits. Une boutique en ligne indépendante doit composer avec ces plateformes, à la fois canaux de visibilité et concurrents directs. Ce mouvement rejoint les tendances observées côté conso et shopping.
Mobile, seconde main et paiement fractionné : les nouveaux réflexes
Trois usages structurent désormais l’achat en ligne. Le mobile est utilisé par 69 % des e-acheteurs (+7 points), imposant des sites pensés pour le smartphone. La seconde main séduit 41,4 % des cyberacheteurs, signe d’une consommation plus raisonnée. Enfin, le paiement fractionné a été utilisé par 51 % des acheteurs, même si la carte bancaire reste reine (92 %). Autant de leviers que les boutiques en ligne peuvent activer pour lever les freins à l’achat, un enjeu clé pour l’économie et la finance du commerce numérique.
L’IA agentique, prochain défi des boutiques en ligne
C’est la grande nouveauté de l’édition 2026 : 94 % des dirigeants de sites e-commerce déclarent recourir à l’intelligence artificielle générative. Mais la FEVAD pointe surtout l’essor de l’IA agentique — ces assistants capables de rechercher, comparer et bientôt acheter à la place de l’internaute. Un basculement qui redéfinit la logique de recherche et de visibilité des marques, au point que l’Autorité de la concurrence a récemment alerté sur les risques des agents d’achat automatisés. Une piste à suivre parmi les tendances et nouveautés du secteur.
Ce que les e-commerçants peuvent retenir
- Optimiser pour le mobile et la rapidité d’affichage, désormais majoritaires.
- Faciliter les petits paniers récurrents plutôt que viser la grosse commande unique.
- Proposer paiement fractionné et seconde main pour coller aux nouvelles attentes.
- Anticiper la recherche par IA en soignant données produits et visibilité.
Questions fréquentes
Quel est le chiffre d’affaires du e-commerce en France en 2025 ?
Selon la FEVAD, les ventes en ligne de produits et services ont atteint 196,4 milliards d’euros en 2025, en hausse de 7 % par rapport à l’année précédente.
Pourquoi le panier moyen baisse-t-il malgré la croissance ?
Parce que les Français achètent plus souvent en ligne mais pour des montants plus faibles. Le panier moyen s’établit à 62 euros (-3 %), et la moitié des transactions sont inférieures à 30 euros.
Qu’est-ce que l’IA agentique pour une boutique en ligne ?
Il s’agit d’assistants intelligents capables de chercher, comparer et acheter des produits à la place de l’utilisateur. Ils modifient la manière dont les boutiques en ligne doivent travailler leur visibilité et leurs fiches produits.