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    Marché du bricolage et du jardin en France : pourquoi la reprise se fait attendre

    Le marché du bricolage et du jardin en France envoie des signaux contradictoires en cette rentrée 2026. D’un côté, le groupe britannique Kingfisher, propriétaire de Castorama et Brico Dépôt, a annoncé le 22 septembre un premier semestre en croissance à l’échelle du groupe. De l’autre, ses enseignes françaises reculent, symptôme d’un secteur national qui peine encore à retrouver son souffle après deux années difficiles.

    Un géant qui progresse à l’international, mais recule en France

    Sur le semestre clos au 31 juillet 2026, Kingfisher a enregistré un chiffre d’affaires de 6,864 milliards de livres, en hausse de 0,8 % en données publiées, pour un bénéfice avant impôts ajusté de 404 millions de livres, en progression de 9,9 %. Cette performance, portée par le Royaume-Uni, l’Irlande, la Pologne et la péninsule ibérique, a conduit le groupe à relever ses prévisions annuelles.

    La France fait toutefois figure d’exception : le chiffre d’affaires y est retombé à 2,036 milliards de livres contre 2,048 milliards un an plus tôt. Castorama a globalement maintenu ses parts de marché, tandis que Brico Dépôt a davantage souffert, les vagues de chaleur de l’été ayant pesé sur la fréquentation des rayons jardin et matériaux. Ce recul local, alors que le e-commerce continue par ailleurs de gagner du terrain sur d’autres familles de produits, comme le montre l’essor décrit dans notre article sur le relais de croissance pris par le sport, la maison et le high-tech dans l’e-commerce français, illustre la difficulté des enseignes physiques à transformer une reprise européenne en rebond hexagonal.

    Un marché national encore convalescent

    Les données NielsenIQ publiées cette année confirment ce diagnostic : le marché combiné du bricolage et du jardin a reculé de 2,7 % en valeur en 2025, à 32,5 milliards d’euros. Le seul bricolage a perdu 3,2 % à 24,2 milliards d’euros, après déjà -6 % en 2024, tandis que le jardin résiste un peu mieux avec un recul limité à 1,1 %, à 8,3 milliards d’euros. Les grandes surfaces de bricolage, qui pèsent encore 62 % du chiffre d’affaires du secteur, ont reculé de 2,9 %, quand les jardineries spécialisées limitent la casse à -0,6 %.

    Signe que la consommation ne disparaît pas mais se déplace, le canal en ligne a bondi de 8,9 % en 2025, avec une dépense moyenne de 337 euros par acheteur (+10 %) et une fréquence d’achat annuelle passée de 5,6 à 6,4 commandes. Un basculement qui rappelle la dynamique déjà observée dans la décoration et le design, secteur qui, selon notre analyse sur la résistance de la décoration face à la crise du meuble, s’appuie lui aussi sur des arbitrages de consommation plus prudents mais pas moins actifs. Pour 2026, l’analyste Guillaume Mulleret table sur un marché « voisin de zéro », soit une stabilisation attendue après plusieurs années de contraction.

    La riposte des enseignes : réduire, rénover, franchiser

    Face à ces vents contraires, Kingfisher accélère la transformation de son parc de magasins français. Vingt-quatre points de vente Castorama ont déjà été réduits en surface, rénovés, transférés vers l’enseigne discount Brico Dépôt ou convertis en franchise, et neuf autres suivront d’ici la fin de l’exercice. Cette stratégie de resserrement du format physique fait écho à un mouvement plus large déjà observé chez les commerces de proximité, où l’adaptation des horaires d’ouverture est devenue, comme le détaille notre article sur l’amplitude horaire comme nouveau champ de bataille des commerces de proximité, un levier de différenciation à part entière face à la pression du commerce en ligne.

    Pour les enseignes de bricolage et de jardinage, la franchise permet de conserver un maillage local tout en réduisant les coûts d’exploitation des grandes surfaces les moins rentables, une piste que d’autres réseaux de distribution spécialisée pourraient être tentés de suivre si la consommation continue de se recomposer entre magasin et digital.

    Ce que cela change pour les professionnels du secteur

    Pour les artisans, paysagistes et petites jardineries indépendantes, ce contexte ouvre une fenêtre : la stabilisation attendue en 2026 et le repli relatif des grandes surfaces laissent de la place à des acteurs de proximité capables de proposer conseil et service, deux attributs que le canal en ligne peine encore à égaler pour des travaux de jardin ou de rénovation complexes.

    Questions fréquentes

    Pourquoi Kingfisher va-t-il mieux à l’international qu’en France ?

    Le groupe britannique profite d’une croissance solide au Royaume-Uni, en Irlande, en Pologne et dans la péninsule ibérique, quand ses enseignes françaises, Castorama et surtout Brico Dépôt, subissent un marché national atone et des vagues de chaleur qui ont réduit la fréquentation estivale.

    Le marché du bricolage et du jardin va-t-il repartir en 2026 ?

    Les projections évoquent une stabilisation plutôt qu’un rebond franc, avec un marché proche de zéro après plusieurs années de recul cumulé, notamment -3,2 % pour le bricolage et -1,1 % pour le jardin en 2025.

    L’e-commerce menace-t-il les enseignes physiques de bricolage ?

    Le canal en ligne progresse fortement, mais il reste complémentaire : les Français y achètent davantage et plus souvent, sans pour autant abandonner le conseil en magasin, notamment pour les projets de jardinage et de rénovation les plus techniques.

    Sources

    Cet article a été rédigé avec l’aide d’une intelligence artificielle. Politique éditoriale

    Politique éditoriale et usage de l’intelligence artificielle