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    Seconde main en France : ce que révèle (et cache) le baromètre officiel Refashion

    La seconde main s’est installée dans le quotidien des Français, mais mesurer précisément son poids reste un exercice délicat. Le baromètre officiel de Refashion, l’éco-organisme de la filière textile en France, apporte des données chiffrées sur les habitudes d’achat — tout en révélant les limites des estimations qui circulent sur ce marché en pleine expansion.

    Un baromètre officiel pour objectiver un marché flou

    Contrairement aux nombreuses études privées qui avancent des montants globaux parfois divergents pour le marché de l’occasion, Refashion s’appuie sur son statut d’éco-organisme agréé par l’État pour publier des données directement issues du suivi de la filière textile, linge de maison et chaussures. Son baromètre annuel se concentre sur les comportements d’achat plutôt que sur une valorisation globale du marché, une approche plus prudente que celle de nombreux acteurs commerciaux du secteur.

    Cette démarche répond à un constat partagé par plusieurs observateurs spécialisés de l’économie circulaire : les estimations de la taille du marché français de la seconde main varient fortement d’une source à l’autre, faute de méthodologie commune, ce qui complique le pilotage des politiques publiques comme les stratégies des entreprises du secteur.

    Ce que disent les chiffres officiels

    • Plus d’un tiers des Français, soit 38 % des acheteurs, ont acquis au moins un article textile ou une paire de chaussures d’occasion sur la période mesurée par Refashion.
    • 11 % des acheteurs de seconde main déclarent n’acheter exclusivement que des articles d’occasion, signe d’un noyau de consommateurs pleinement engagés dans cette pratique.
    • Le prix moyen déboursé pour un vêtement de seconde main s’établit autour de 9,50 euros, un niveau qui confirme l’attrait économique de ce mode de consommation face à l’inflation sur le neuf.

    Ces données confirment une tendance de fond : la seconde main progresse et s’ancre dans les habitudes, sans pour autant être devenue majoritaire dans les actes d’achat textile des ménages français.

    Pourquoi cela concerne aussi les entreprises

    Pour les acteurs économiques — enseignes de distribution, plateformes numériques, artisans de la réparation textile — disposer de repères fiables change la donne. Une estimation de marché surévaluée peut conduire à des investissements mal calibrés, tandis qu’une lecture trop prudente risque de faire passer à côté d’un relais de croissance réel. Les appels à projets lancés par Refashion pour soutenir les filières de collecte, tri et revente s’appuient précisément sur ce type de données de terrain pour orienter les financements vers les besoins les plus concrets.

    Du côté des consommateurs, l’enjeu est aussi budgétaire : dans un contexte où les ménages arbitrent davantage leurs dépenses, la seconde main s’impose comme une option d’appoint plutôt que comme une alternative totale au neuf, ce qui invite les enseignes à penser complémentarité plutôt que substitution pure.

    Une transparence des données encore perfectible

    Plusieurs médias spécialisés dans l’économie circulaire ont salué l’initiative de Refashion tout en pointant ses limites : le périmètre du baromètre reste concentré sur le textile et la chaussure, laissant de côté d’autres catégories majeures de la seconde main comme l’ameublement ou l’électronique, où d’autres filières et d’autres éco-organismes interviennent avec leurs propres méthodologies. Une harmonisation plus large des indicateurs permettrait une vision consolidée du poids réel de l’occasion dans l’économie française.

    À court terme, ce sont donc des données sectorielles complémentaires, plutôt qu’un chiffre unique, qui permettent de suivre l’essor de la seconde main. Pour en savoir plus sur les tendances de consommation et de shopping ou sur les enjeux plus larges d’économie et de finance qui traversent ce secteur, ACDE poursuit son suivi de ces évolutions.

    Questions fréquentes

    Le baromètre Refashion couvre-t-il tout le marché de la seconde main ?

    Non, il porte spécifiquement sur le textile, le linge de maison et les chaussures, qui relèvent de la filière de responsabilité élargie du producteur pilotée par Refashion. D’autres catégories comme le mobilier ou l’électronique sont suivies par d’autres éco-organismes.

    Pourquoi les estimations du marché de la seconde main varient-elles autant selon les sources ?

    Les acteurs privés du secteur agrègent souvent des données de vente de plateformes différentes avec des méthodologies propres, alors que le baromètre officiel se limite à des indicateurs de comportement d’achat mesurés de façon homogène d’une année sur l’autre.

    La seconde main remplace-t-elle l’achat de vêtements neufs pour les Français ?

    Pas encore massivement : une minorité d’acheteurs, environ 11 % selon Refashion, se déclare exclusivement acheteuse d’occasion. Pour la majorité des ménages, la seconde main complète les achats de neuf plutôt qu’elle ne les remplace.

    Sources

    Cet article a été rédigé avec l’aide d’une intelligence artificielle. Politique éditoriale

    Politique éditoriale et usage de l’intelligence artificielle