Le secteur du tourisme en France vit un été à deux vitesses. D’un côté, les agences de voyages physiques accusent un net recul de leur activité sur la période estivale. De l’autre, les voyagistes qui vendent en direct ou en ligne affichent une croissance à deux chiffres de leurs clients. Un paradoxe qui interroge sur la recomposition en cours du marché touristique français, alors que la fréquentation globale des hébergements progresse et que le tourisme d’affaires renoue enfin avec la croissance.
Un été en net recul pour les réseaux d’agences
Selon l’observatoire réalisé par Orchestra pour les Entreprises du Voyage (EDV), les ventes de séjours programmées en agences pour des départs de juillet et août ont reculé d’environ 8 % en nombre de dossiers par rapport à la même période de l’année précédente. Le repli est encore plus marqué sur les ventes en business-to-business, en baisse de près de 21 % au mois de mai. Les professionnels du secteur pointent un attentisme persistant des ménages français, sensibles à la conjoncture économique et au coût des billets, ainsi qu’un effet de report vers les réservations de dernière minute qui ne suffit pas à compenser le retard accumulé.
Les voyagistes tirent leur épingle du jeu
À rebours de cette tendance, le chiffre d’affaires cumulé des voyagistes atteint près de 1,495 milliard d’euros, en progression de 8,9 %, porté par une hausse de 8,8 % du nombre de clients. Cette divergence illustre une bascule structurelle : une partie croissante des Français continue de partir, mais choisit des circuits de distribution différents des agences de proximité traditionnelles, au profit de la vente directe et des plateformes numériques des tour-opérateurs. Ce mouvement s’inscrit dans une transformation plus large de la distribution des services aux entreprises en France, où le canal digital gagne du terrain sur les réseaux physiques historiques.
La fréquentation touristique progresse malgré tout
Les données de l’Insee confirment que le secteur reste dans le vert au niveau national. Au deuxième trimestre, la fréquentation des hébergements collectifs touristiques hors campings a progressé de 1,0 % sur un an, avec 61,1 millions de nuitées hôtelières (+1,4 %) et une clientèle étrangère en hausse aussi rapide que la clientèle française. Les visiteurs belges, néerlandais et allemands affichent des progressions comprises entre 2,7 % et 4,6 %, tandis que la clientèle américaine bondit de 8 %. Seule ombre au tableau, la clientèle asiatique recule de 12 %. Sur le plan géographique, ce sont les zones littorales qui tirent le mieux leur épingle du jeu, avec une hôtellerie en hausse de 4 %, quand les zones de montagne restent quasiment stables.
Le tourisme d’affaires renoue avec la croissance
Signal notable pour l’économie des entreprises, le tourisme d’affaires augmente de 6 % au deuxième trimestre, soit près de 1,4 million de nuitées supplémentaires par rapport à l’an dernier. Il s’agit de la première hausse après plusieurs trimestres consécutifs de baisse, un segment qui pèse traditionnellement près de 30 % du chiffre d’affaires de l’hôtellerie française. La fréquentation d’affaires demeure toutefois encore très en retrait de son niveau d’avant-crise sanitaire, avec un écart de plus de 30 % par rapport à 2019, preuve que la normalisation des déplacements professionnels reste inachevée malgré cette embellie trimestrielle. Cette dynamique fait écho aux arbitrages plus larges opérés par les entreprises françaises confrontées à un climat économique contrasté depuis le début de l’année.
Un marché qui se recompose avant la rentrée
Cette photographie contrastée du secteur du tourisme intervient à un moment charnière : les entreprises du voyage préparent déjà leurs offres pour les prochains départs, qu’il s’agisse des ponts de l’automne ou de la période des fêtes de fin d’année, dans un contexte où les habitudes de réservation continuent d’évoluer rapidement. Les acteurs qui avaient investi tôt dans la diversification vers le tourisme de bien-être ou les circuits directs semblent aujourd’hui mieux armés pour absorber ces mutations. À plus court terme, les prochains grands rendez-vous de mobilité, à l’image des pics de départs observés lors des ponts et jours fériés, resteront un indicateur suivi de près par l’ensemble de la filière.
Questions fréquentes
Pourquoi les agences de voyages physiques reculent-elles alors que le tourisme progresse ?
La fréquentation touristique globale augmente grâce à la clientèle internationale et aux ventes directes des voyagistes, mais les agences de proximité souffrent d’un attentisme des ménages français et d’un report croissant vers d’autres canaux de réservation, notamment numériques.
Le tourisme d’affaires a-t-il retrouvé son niveau d’avant la crise sanitaire ?
Non. Malgré une hausse de 6 % au deuxième trimestre, la première depuis plusieurs trimestres, le tourisme d’affaires reste inférieur de plus de 30 % à son niveau de 2019, signe d’une normalisation encore partielle des déplacements professionnels.
Quelles zones touristiques françaises profitent le plus de cette saison ?
Les zones littorales enregistrent la plus forte progression de fréquentation hôtelière, portées notamment par une clientèle internationale en hausse, tandis que les zones de montagne restent globalement stables sur la période.
Sources
Cet article a été rédigé avec l’aide d’une intelligence artificielle. Politique éditoriale