Derrière l’image de villégiature paisible, le thermalisme et la thalassothérapie forment en France une véritable filière économique, chiffrée en milliards d’euros et en dizaines de milliers d'emplois. Selon les données publiées par la Direction générale des Entreprises, ce secteur affiche une bonne santé économique mais reste structurellement dépendant d’une clientèle quasi exclusivement française — un frein autant qu’une opportunité pour les acteurs qui sauront s’internationaliser.
Une filière aux retombées économiques significatives
La France compte une centaine d’établissements thermaux répartis dans 88 stations, qui ont accueilli environ 440 000 curistes conventionnés et généré près de 2,8 millions d’accès dits « bien-être » sur une année de référence, pour plus de 22 millions de nuitées en hébergement marchand. Les retombées économiques globales de cette activité sont estimées à 4,1 milliards d’euros, avec 22 300 emplois en équivalent temps plein, dont 6 100 emplois directs pour un chiffre d’affaires de 425 millions d’euros. Chaque curiste dépense en moyenne 47 euros par jour, et chaque accompagnant 51 euros, sur place.
La thalassothérapie, activité distincte mais voisine, pèse quant à elle près de 300 millions d’euros de chiffre d’affaires pour environ 50 centres et 500 000 curistes annuels, avec une progression de la clientèle de l’ordre de 2 % par an et un taux d’occupation moyen de 70 %. Ces deux filières s’inscrivent dans un marché plus large du bien-être, dont la valeur en France dépasse aujourd’hui 30 milliards d’euros, tous segments confondus (nutrition, activité physique, médecines douces, cosmétique naturelle).
Une géographie très concentrée
- 79 % des établissements thermaux se concentrent dans trois régions : Occitanie, Auvergne-Rhône-Alpes et Nouvelle-Aquitaine.
- Ces stations sont très majoritairement implantées en zones rurales, où elles jouent un rôle économique local structurant.
- Le tourisme de bien-être mondial devrait dépasser les 1 000 milliards de dollars en 2026, avec une croissance annuelle comprise entre 8 et 9 % selon les études de marché du secteur.
Le défi d’une clientèle encore trop hexagonale
Le principal point de vigilance identifié par les acteurs du secteur tient à la composition de la clientèle : celle des centres de thalassothérapie reste aujourd’hui composée à 97 % de résidents français. Une situation qui limite le potentiel de croissance d’une filière pourtant reconnue à l’international pour son savoir-faire, et qui contraste avec la dynamique du tourisme de bien-être mondial, tiré notamment par une clientèle en quête de prévention santé et de ressourcement.
Pour les entreprises du secteur, l’enjeu est double : moderniser une offre encore perçue comme datée par une partie du public, tout en développant une stratégie de conquête de clientèle étrangère, alors même que la fréquentation thermale française n’a pas encore retrouvé son niveau d’avant 2019. La concurrence des offres bien-être proposées par les groupes hôteliers, ainsi que la hausse des coûts d’exploitation, ajoutent une pression supplémentaire sur un modèle économique déjà fragilisé dans certains territoires.
Questions fréquentes
Quelle est la différence entre thermalisme et thalassothérapie ?
Le thermalisme utilise les eaux minérales issues de sources naturelles, souvent dans un cadre médical conventionné par l’Assurance Maladie. La thalassothérapie, elle, s’appuie sur l’eau de mer et se pratique en établissement non conventionné, sur le littoral, dans une logique davantage tournée vers le bien-être que le soin médical.
Pourquoi la clientèle étrangère reste-t-elle si faible ?
Le manque de notoriété internationale des marques françaises du secteur, une offre historiquement pensée pour un public national conventionné, et une concurrence de destinations bien-être à l’étranger plus agressives sur le plan commercial expliquent en partie ce déficit de clientèle étrangère.
Quelles régions concentrent l’activité thermale en France ?
Trois régions rassemblent près de 80 % des établissements thermaux : l’Occitanie, l’Auvergne-Rhône-Alpes et la Nouvelle-Aquitaine, où ces stations constituent souvent un pilier économique pour des territoires ruraux.
Sources
- Direction générale des Entreprises — Le tourisme de bien-être
- Xerfi — Le marché du thermalisme et de la thalassothérapie
- Global Wellness Institute — The Global Wellness Economy
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