L’absentéisme en entreprise ne se mesure plus seulement en nombre d’arrêts de travail, mais surtout en durée. C’est le constat central du baromètre 2026 de Malakoff Humanis, publié cet été : les arrêts longs pèsent désormais bien plus lourd que leur fréquence ne le laisse penser, et deviennent un enjeu de gestion à part entière pour les directions d’entreprise.
Un phénomène devenu structurel
Selon cette étude, menée sur 3,8 millions de salariés du secteur privé, près d’un salarié sur trois a connu au moins un arrêt de travail en 2025. Le taux d’absentéisme atteint 4,3 %, en hausse de 3,3 % sur un an et de 25,5 % depuis 2019. Mais le chiffre le plus parlant concerne la structure de ces absences : les arrêts de plus de 60 jours ne représentent que 9,4 % du nombre total d’arrêts, mais concentrent à eux seuls 63,8 % des journées d’absence, un volume en progression de 4,9 % sur un an.
Autre enseignement de ce baromètre, qui s’appuie aussi sur les réponses de 3 000 salariés, 400 dirigeants et 200 médecins : les troubles psychologiques représentent désormais 37,8 % des arrêts de plus de 30 jours, ce qui en fait la première cause des absences longues devant les pathologies physiques classiques.
Ce que cela coûte réellement aux entreprises
Pour les directions des ressources humaines, la lecture de ces données change la façon d’aborder le sujet : ce n’est plus tant la multiplication des petits arrêts qui pèse sur l’organisation du travail, mais la gestion de quelques situations longues et complexes, souvent liées à un enchaînement de facteurs professionnels et personnels. Cela implique un suivi individualisé plus poussé, une meilleure articulation avec la médecine du travail, et une politique de prévention qui intervient bien avant que la situation ne se dégrade.
Le Plan santé au travail 2026-2030 comme réponse publique
Ce constat rejoint les priorités du Plan santé au travail 2026-2030, dévoilé début juin par le ministère du Travail en concertation avec les partenaires sociaux. Parmi ses cinq orientations figure explicitement la lutte contre la désinsertion professionnelle : il s’agit de repérer plus tôt les situations de fragilité susceptibles de mener à un arrêt long, pour favoriser le maintien dans l'emploi plutôt que la rupture du contrat de travail.
- Prévention des accidents graves chez les jeunes et nouveaux arrivants dans l’entreprise
- Prise en compte différenciée de la santé des femmes au travail
- Renforcement de l’accompagnement en santé mentale et du secourisme dédié
- Détection précoce des situations de désinsertion professionnelle
- Accompagnement des transformations du travail liées à l’IA et au climat
Pour les entreprises, en particulier les TPE-PME, ce plan s’accompagne d’un accès facilité à des ressources de prévention, alors que la gestion isolée d’un arrêt long reste souvent complexe à assumer sans appui extérieur.
Anticiper plutôt que subir
Les deux démarches, celle de l’assureur et celle de l’État, convergent vers un même message : agir en amont coûte moins cher, humainement et financièrement, que gérer une absence déjà installée. Pour une direction d’entreprise, cela se traduit concrètement par un suivi RH plus fin des signaux faibles d’usure professionnelle et par une meilleure coordination avec les services de santé au travail.
Questions fréquentes
Quelle est la principale cause des arrêts de travail longs en France ?
Selon le baromètre 2026 de Malakoff Humanis, les troubles psychologiques représentent 37,8 % des arrêts de plus de 30 jours, ce qui en fait la première cause devant les pathologies physiques.
Le Plan santé au travail 2026-2030 s’adresse-t-il aussi aux petites entreprises ?
Oui, le plan prévoit un accompagnement spécifique des transformations du travail pour les TPE-PME, en plus de ses priorités générales de prévention.
Pourquoi la durée des arrêts pèse-t-elle plus que leur nombre ?
Parce que les arrêts de plus de 60 jours, bien que minoritaires en nombre (9,4 % des arrêts), concentrent 63,8 % des journées d’absence totales selon l’étude Malakoff Humanis.
Sources
- Newsroom Malakoff Humanis — Baromètre absentéisme 2026
- INRS — Lancement du Plan santé au travail 2026-2030
- France Info — Le gouvernement présente son plan Santé au travail 2026-2030
Cet article a été rédigé avec l’aide d’une intelligence artificielle. Politique éditoriale