Le chômage des jeunes en France repart à la hausse, porté par un net recul des entrées en alternance. Selon les dernières données publiées par la Dares, en lien avec France Travail, le nombre d’inscrits sans activité en catégorie A a progressé de 0,8 % au deuxième trimestre, après un repli de 1,2 % en début d’année. Les moins de 25 ans, particulièrement exposés aux fins de contrats d’apprentissage et aux missions courtes, concentrent l’essentiel de cette dégradation.
Au total, 3,323 millions de personnes sont désormais inscrites sans activité auprès de France Travail. L’administration nuance toutefois ce chiffre brut : une fois neutralisés les effets de réformes récentes (élargissement des populations inscrites, nouvelles procédures, évolution des règles de contrôle), l’évolution ressortirait plutôt à -0,2 % sur le trimestre, ce qui refléterait mieux, selon elle, la tendance conjoncturelle réelle du marché du travail.
Les jeunes, premières victimes du ralentissement
La progression des inscriptions est nettement plus marquée chez les jeunes actifs. Sur un an, les demandes d'emploi des moins de 25 ans augmentent de 5,9 %, tandis que l’emploi des 15-29 ans recule de 1,4 % sur la même période. Le taux de chômage des 15-24 ans se maintient à 21,1 %, en hausse de 2 points sur un an et de 4,5 points sur trois ans.
Cette fragilisation du public jeune s’explique en grande partie par le repli des entrées en alternance, qui renforce mécaniquement les inscriptions sans activité dès la fin des contrats d’apprentissage ou lors de ruptures précoces.
L’alternance en perte de vitesse
Fin avril, 70 400 contrats d’apprentissage avaient été signés depuis le début de l’année, un volume en recul de 3,3 % sur un an. Deux facteurs principaux sont pointés :
- la réduction des aides à l'embauche versées aux entreprises pour les contrats en alternance ;
- un marché de l'emploi des jeunes globalement moins dynamique, qui freine les nouvelles signatures, en particulier dans l’enseignement supérieur.
Dans le même temps, l'emploi salarié du secteur privé s’est contracté de 0,1 % sur le trimestre et de 0,3 % sur un an, soit environ 13 900 postes perdus au dernier trimestre connu et 60 700 sur douze mois, un contexte qui n’aide pas à l’absorption des jeunes sortant de formation.
Un enjeu direct pour les entreprises
Pour les entreprises, ce ralentissement de l’alternance a un double effet : moins de viviers de compétences opérationnelles formées en interne, et une pression accrue sur le recrutement dans des secteurs où les tensions restent fortes malgré le ralentissement général. Les employeurs qui maintiennent leurs politiques d’apprentissage, notamment dans l’industrie et les services techniques, misent sur cette période pour sécuriser leurs futurs recrutements à moindre coût, à l’heure où les difficultés de recrutement restent significatives dans plusieurs branches. Les acteurs de la formation professionnelle appellent à un accompagnement renforcé des jeunes sans solution, tandis que les fédérations patronales suivent de près l’évolution des aides publiques au premier semestre.
Ce dossier s’inscrit dans un climat économique plus large, marqué par des arbitrages budgétaires serrés et une conjoncture des entreprises encore incertaine, deux paramètres qui pèsent directement sur les capacités d'embauche des jeunes diplômés et alternants suivis de près par les acteurs de l’économie française.
Questions fréquentes
Combien de personnes sont inscrites sans activité à France Travail au deuxième trimestre ?
Selon la Dares, 3,323 millions de personnes étaient inscrites en catégorie A (sans aucune activité) au deuxième trimestre, soit une hausse brute de 0,8 % sur le trimestre, ramenée à -0,2 % une fois les effets de réforme neutralisés.
Pourquoi les jeunes sont-ils davantage touchés par cette hausse ?
Les moins de 25 ans sont plus exposés aux fins de contrats d’apprentissage, aux ruptures précoces et aux missions courtes. Le recul des entrées en alternance renforce directement le nombre d’inscriptions sans activité chez ce public.
Quelle est l’ampleur du recul de l’alternance ?
Fin avril, 70 400 contrats d’apprentissage avaient été signés depuis le début de l’année, en baisse de 3,3 % sur un an, principalement en raison de la réduction des aides à l'embauche et d’un marché de l'emploi des jeunes moins porteur.