Après deux années compliquées, le secteur du numérique français retrouve des couleurs. Selon le dernier observatoire de conjoncture publié par Numeum, l’organisation professionnelle qui représente les entreprises du secteur, la croissance du marché est désormais estimée à 3 % pour 2026, contre 1,8 % en 2025. Mais derrière cette moyenne, les trajectoires restent très différentes selon les métiers.
Une reprise à plusieurs vitesses
Le rebond n’est pas uniforme. Les éditeurs de logiciels et plateformes restent le moteur du secteur, avec une croissance attendue à 6,2 %, pour un chiffre d’affaires de 30,9 milliards d’euros, portée par le cloud, le SaaS et les premiers relais liés à l’intelligence artificielle. Les ESN (entreprises de services du numérique), elles, renouent tout juste avec la croissance positive : +1 %, pour un marché de 34,6 milliards d’euros, après un recul de 2,1 % en 2025. Le conseil en technologies, de son côté, reste quasiment à l’arrêt, à +0,2 % (7,7 milliards d’euros).
- Marché numérique global : +3 % attendu en 2026, contre +1,8 % en 2025
- Éditeurs de logiciels et plateformes : +6,2 %, 30,9 Md€ de chiffre d’affaires
- ESN : retour à +1 %, 34,6 Md€, après -2,1 % en 2025
- Conseil en technologies : quasi stagnation, +0,2 %, 7,7 Md€
L’IA, facteur de recomposition plus que de rupture
Le rapport souligne un point souvent minoré dans les discours sur l’intelligence artificielle générative : son effet sur l’économie du secteur se lit moins dans la création de nouveaux marchés que dans la recomposition des équilibres existants entre éditeurs et prestataires de services. Les gains de productivité mesurés dans le développement logiciel se situeraient entre 12 % et 24 % selon les organisations, ce qui modifie les attentes des directions informatiques envers leurs prestataires — et pousse à une recomposition des métiers plutôt qu’à des créations nettes de postes.
Pour les entreprises clientes, cette période se traduit par un attentisme persistant sur les grands programmes, une pression continue sur les prix, et des marges qui restent sous tension malgré le retour de la croissance en volume.
Ce que cela change pour l'emploi et les prestataires
Du côté des grandes ESN, 86 % des dirigeants interrogés anticipent une reprise de la croissance, portée par la réactivation de programmes structurants chez leurs clients historiques. Mais cet optimisme reste concentré sur les acteurs de taille significative : les plus petites structures, plus exposées à la pression tarifaire, restent plus prudentes. Sur le volet emploi, la situation demeure incertaine, entre besoins de compétences en IA et cybersécurité d’un côté, et recomposition des effectifs liée aux gains de productivité de l’autre.
Questions fréquentes
Quelle croissance est attendue pour le numérique français en 2026 ?
Selon l’observatoire de conjoncture de Numeum, le marché du numérique français devrait croître de 3 % en 2026, contre 1,8 % en 2025, porté principalement par les éditeurs de logiciels et plateformes.
Toutes les entreprises du numérique profitent-elles de cette reprise ?
Non : les trajectoires diffèrent fortement. Les éditeurs de logiciels affichent la croissance la plus forte (+6,2 %), tandis que les ESN repassent tout juste en territoire positif (+1 %) et que le conseil en technologies stagne (+0,2 %).
Quel est l’impact de l’intelligence artificielle sur ce marché ?
L’IA générative modifie surtout l’équilibre entre éditeurs et prestataires de services, avec des gains de productivité mesurés entre 12 % et 24 % dans le développement logiciel, ce qui pousse à une recomposition des métiers plus qu’à des créations massives d'emplois.
Sources
La Revue du Digital — Secteur du numérique français, légère croissance anticipée pour 2026
Le Monde Informatique — Numeum prévoit 3 % de croissance du marché numérique en 2026
Numeum — Le marché du numérique français sort de la zone de turbulences