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    Confiance des dirigeants français en 2026 : entre repli défensif et pari sur l’intelligence artificielle

    Un nouveau baromètre dresse le portrait d’une économie française à deux vitesses. D’un côté, des dirigeants qui serrent les rangs pour préserver leur trésorerie ; de l’autre, une moitié d’entre eux qui misent sur la transformation par l’intelligence artificielle pour sortir de l’ornière. Entre ces deux postures, l’indice de confiance des décideurs économiques reste, lui, désespérément bas.

    Un indice de confiance qui reste sous la moyenne

    Selon une étude menée en avril et mai 2026 par l’Operating Partners Day auprès de dirigeants, investisseurs et conseils, l’indice de confiance des décideurs économiques s’établit à 4,47 sur 10, un niveau jugé « nettement sous la moyenne ». Ce chiffre traduit un climat des affaires toujours marqué par l’incertitude géopolitique et budgétaire, dans un contexte où la croissance française reste modérée, autour de 1 % attendu pour l’année.

    Le baromètre révèle surtout une fracture quasi égale entre deux stratégies : 47,4 % des répondants adoptent une posture défensive, concentrée sur la préservation des liquidités et des marges, tandis que 50 % misent au contraire sur la transformation de leur modèle économique, avec l’intelligence artificielle comme principal levier.

    Investissements gelés, mais l’IA en priorité absolue

    Le détail par profil est parlant. Parmi les seuls chefs d’entreprise interrogés, 57,6 % déclarent geler leurs investissements majeurs afin de préserver la rentabilité à court terme. Dans le même temps, 66,7 % d’entre eux placent l’intégration opérationnelle de l’intelligence artificielle au tout premier rang de leurs priorités stratégiques pour les prochains mois.

    Cette contradiction apparente s’explique par la nature des arbitrages : les dépenses d’infrastructure lourdes sont repoussées, mais les projets d’automatisation et d’IA, souvent moins capitalistiques et plus rapidement rentables, continuent d’avancer. Un choix cohérent avec les conclusions du baromètre de l’attractivité de la France, qui place l’intelligence artificielle, l’énergie bas-carbone, la défense, la logistique et le logiciel parmi les secteurs les plus dynamiques pour les investisseurs étrangers, la France conservant sa place de première destination européenne des investissements internationaux pour une septième année consécutive.

    Prudence accrue dans le capital-investissement

    Cette prudence se retrouve aussi côté fonds d’investissement : 71,1 % des acteurs du capital-investissement déclarent concentrer leurs efforts sur leurs participations existantes plutôt que sur de nouvelles opérations. Sur le marché des fusions-acquisitions, 71,4 % des transactions favorisent désormais les acquéreurs, un rapport de force qui n’existait pas dans les mêmes proportions il y a encore deux ans. Signe supplémentaire de cette défiance, les clauses de garantie de passif progressent de 84,2 % dans les contrats récemment négociés.

    Pour les PME et ETI, ce climat se traduit concrètement par un accès au financement plus exigeant et des due diligences plus poussées, y compris pour des opérations de taille modeste. Les directions financières doivent désormais anticiper des délais de négociation plus longs et documenter plus finement leurs projections, notamment lorsque l’IA fait partie du projet d’investissement.

    Ce qu’il faut retenir pour les entreprises françaises

    • Un indice de confiance des dirigeants toujours bas (4,47/10), sans rebond franc attendu à court terme.
    • Une entreprise sur deux qui choisit la transformation plutôt que le repli, avec l’IA comme fer de lance.
    • Des investissements matériels gelés, mais des budgets IA et automatisation qui, eux, continuent de progresser.
    • Un marché du capital-investissement et des fusions-acquisitions plus prudent, plus long et plus exigeant.

    Reste à savoir si cette stratégie de transformation portera ses fruits assez vite pour convaincre l’autre moitié des dirigeants, ceux qui ont choisi d’attendre des jours meilleurs avant d’investir. Le prochain baromètre, attendu en fin d’année, permettra de mesurer si le curseur a bougé.

    Questions fréquentes

    Pourquoi l’indice de confiance des dirigeants reste-t-il si bas en 2026 ?

    L’indice de 4,47 sur 10 reflète un cumul d’incertitudes : contexte géopolitique tendu, croissance française modérée autour de 1 %, et prudence budgétaire des grands groupes comme des PME face à des perspectives encore floues.

    Pourquoi les entreprises investissent-elles dans l’IA tout en gelant d’autres dépenses ?

    Les projets liés à l’intelligence artificielle sont souvent moins capitalistiques que les investissements industriels lourds et promettent un retour sur investissement plus rapide, ce qui les rend prioritaires même en période de restriction budgétaire.

    Le climat de méfiance touche-t-il aussi les levées de fonds et les rachats d’entreprises ?

    Oui : le baromètre montre que les fonds de capital-investissement privilégient leurs participations existantes plutôt que de nouvelles opérations, et que les acquéreurs disposent désormais d’un net rapport de force favorable dans les fusions-acquisitions.

    Sources

    Pour suivre l’actualité économique des entreprises françaises, retrouvez nos analyses dans la rubrique Économie – Finance, ainsi que nos dossiers sur l’Emploi – Formation et le High Tech – Numérique.