Le climat du recrutement en entreprise s’améliore en France, mais cette embellie masque des réalités très inégales selon les secteurs. C’est ce que révèle l’enquête Besoins en Main-d’Œuvre (BMO) 2026 de France Travail : si les difficultés d'embauche reculent globalement, deux secteurs restent sous une pression quasi structurelle, le bâtiment et le numérique.
Une détente réelle, mais fragile
Les employeurs français ont déclaré 2,275 millions de projets de recrutement pour 2026, en repli de 6,5 % par rapport à 2025 — un ralentissement nettement moins brutal que la chute de 12,5 % observée l’année précédente. Signe d’un marché qui souffle un peu : la part des projets jugés difficiles à pourvoir tombe à 43,8 %, contre 50,1 % en 2025. Les petites structures de proximité restent le principal moteur de cette dynamique : deux recrutements sur trois se font dans des entreprises de moins de 50 salariés, où le repli des intentions d'embauche reste contenu (-6,5 % pour les 0-9 salariés, -5,8 % pour les 10-49 salariés).
Le BTP et le numérique, toujours sous tension
Derrière la moyenne nationale, l’écart entre secteurs se creuse. Le bâtiment affiche un taux de difficulté de 65 %, le plus élevé de tous les secteurs étudiés, suivi de près par le numérique à 49,5 %. Pour les cabinets spécialisés en ressources humaines, cette persistance s’explique moins par un manque de candidatures brutes que par une inadéquation des profils, des exigences parfois mal calibrées côté employeurs, et une image de marque employeur qui peine à convaincre sur des métiers réputés pénibles ou peu flexibles. Les attentes des candidats ont changé : au-delà du salaire, l’organisation du travail et l’équilibre vie professionnelle-vie personnelle pèsent désormais lourd dans l’arbitrage.
Les secteurs qui recrutent le plus
En volume, cinq familles de métiers concentrent l’essentiel des intentions d'embauche :
- Santé et action sociale : environ 322 000 projets (+0,4 %)
- Hôtellerie-restauration : environ 319 000 projets
- Commerce et distribution : environ 264 000 projets
- Industrie manufacturière : environ 211 000 projets
- Agriculture : environ 193 000 projets
Le secteur de la santé confirme ainsi son statut de premier recruteur du pays, un constat cohérent avec les difficultés déjà documentées autour de l’insertion professionnelle des jeunes et du recul de l’alternance dans certaines filières.
Ce que cela change pour les entreprises
Face à des viviers de candidats qui restent étroits sur certains métiers, les employeurs sont poussés à élargir leurs critères de recrutement. Plusieurs leviers émergent : miser davantage sur la formation interne plutôt que sur l’expérience acquise, revoir les conditions de travail proposées, ou encore ouvrir plus largement les postes à des profils jusque-là moins sollicités — une logique qui rejoint les efforts engagés autour de l’emploi des travailleurs handicapés, où le taux d’obligation d'emploi progresse justement pour cette raison. Ces ajustements interviennent alors que les entreprises doivent aussi composer avec les nouvelles obligations réglementaires de rentrée, qui ajoutent une couche de complexité administrative au pilotage RH.
Questions fréquentes
Le recrutement est-il plus facile qu’en 2025 ?
Globalement oui : le taux de projets jugés difficiles à pourvoir recule de plus de 6 points, à 43,8 %. Mais cette moyenne cache de fortes disparités sectorielles, notamment dans le bâtiment et le numérique.
Quels secteurs restent les plus tendus ?
Le bâtiment (65 % de projets difficiles) et le numérique (49,5 %) arrivent en tête, devant la santé et l’hôtellerie-restauration, qui concentrent malgré tout le plus grand nombre d’offres en volume.
Pourquoi les petites entreprises recrutent-elles autant ?
Les TPE-PME portent deux recrutements sur trois en France. Leur ancrage local et la nature de leurs métiers (commerce, services de proximité, artisanat) les rendent moins sensibles aux à-coups conjoncturels que les grands groupes.
Sources
France Travail — Enquête BMO 2026
ParlonsRH — Recrutement 2026 : dynamique en baisse, tensions bien présentes
Culture RH — Tensions sur l'emploi en 2026
Cet article a été rédigé avec l’aide d’une intelligence artificielle. Politique éditoriale